EDITO 12 MARS 2007
« Il nous manque déjà ! »
« S’agissant des échéances électorales, j’aurai l’occasion d’exprimer mes choix personnels. Mais ce soir, au nom de la confiance que vous m’avez témoignée, je voudrais vous adresser plusieurs messages. D’abord, ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. Dans notre histoire, l’extrémisme a déjà failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l’âme de la France dit non à l’extrémisme. …. »
Cet extrait –très court- de l’intervention historique du Président de la République hier soir dimanche 11 mars 2007, résume à elle seule l’importance de ce que le peuple français ne doit jamais oublier ; « L’histoire qui monte des fers parle pour les lendemains » dirait un autre, , en son temps.
Comme je l’ai déjà écris et dit à plusieurs reprises, j’ai pour ma part un grand respect pour Jacques CHIRAC. Ne serait-ce que pour son humanisme, son désir de paix et son souci permanent de préserver notre cohésion nationale. Sur ce terrain, notre Président n’a jamais dérivé. Lorsque les va-t-en guerre, même de droite, souhaitaient une intervention en IRAK, il a fait de notre pays un symbole de Paix dans le Monde. Caricaturé par les rivaux de son propre camp comme « radical socialiste » menant une politique de gauche dès lors qu’il mettait l’accent par son action sur les principes de la laïcité et de la République, il a épousé sa patrie, son peuple et intégré les aspirations de ce dernier. Car les Français sont tous sauf extrémistes. Ils ne sont pas « conservateurs » mais ils tiennent à la quiétude d’un avenir serein pour leurs enfants. Certes contestataires, ils rejettent en bloc comme en 2002 le « jusqu’auboutisme », et c’est tant mieux.
Lorsque je défendais le Plan de Cohésion Sociale de Jean Louis BORLOO, voulu âprement par Jacques CHIRAC , au Conseil de Paris, peu de candidats se pressaient à droite pour le faire à ma place. Beaucoup jugeaient ce projet comme étant un projet « de gauche ». Là étaient les véritables « conservateurs ». Nul doute que pour eux, les ultra libéraux, « La Gauche devait rester la Gauche » en incarnant la défense de la veuve et de l’orphelin et que « La Droite devait rester la Droite » égale à son histoire et à ses valeurs gravées dans le marbre d’une histoire indélébile à plusieurs titres : « Travail, famille et patrie ».
Les réactionnaires de droite et de gauche , restant campés sur leurs rigidités extrêmes, n’ont hélas jamais laissé place dans leur raisonnement au « juste milieu », pourtant nécessaire à l’équilibre démocratique d’une société. Ce sont eux qui ont contribué à enfanter « la peste brune » , « l’appel du vide » et ont engraissé les représentants de ces épidémies du mal. Les uns dressant les pauvres contre les riches comme au plus beau temps de la révolte prolétarienne et de la dictature du prolétariat, les autres regardant du haut de leur suffisance les déshérités en affichant au mieux leur compassion, au pire leur mépris.
C’est cette division , cette frontière , ce mur que les conservateurs de droite et de gauche ont toujours refusé de faire tomber, au nom de leur existence, au nom de leur intérêt particulier , de caste ou de parti. Après tout, le système, me rétorquera-t-on est ainsi fait. C’est vrai. Comme le disait BRASSENS : « Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ! »
Le problème se présente à notre conscience collective lorsque il ne s’agit plus de nous mais de la France, de son authenticité, de son histoire et de son avenir. Il ne s’agit plus alors d’immobilisme mais de collaboration. Le choix s’offre alors à nous de la résistance à la compromission ou à la soumission.
Ce n’est pas parce que je suis à l’UMP par le biais du Parti Radical que je vais applaudir des deux mains, au nom de je ne sais quels intérêts électoralistes, un candidat, fusse-t-il le mien, qui préconise l’institution d’un « ministère de l’identité nationale ». Laissons ces mots, car ce ne sont sans doute que des mots maladroitement énoncés aux royalistes absolus, aux pétainistes mais prenons garde à ne pas nous compromettre avec la « bête immonde ».
Cette sorte de message de gardien du temple que nous a laissé hier à jamais le Président , c’est celui là ! Cet héritage extraordinaire , cet édifice du respect de la différence et de fraternité, c’est celui de la France et nul ne pourra vaincre et réaliser ses ambitions que par le respect de cette fondation ;
Il ait des monuments que l’on ne peut détruire. La volonté des hommes finit toujours, parfois au prix de lourds sacrifices, par rappeler à l’ordre les destructeurs despotiques. Une ligne ne s’impose pas , elle s’explique . Mieux vaut la pédagogie que la matraque. Mieux vaut par la persévérance, convaincre que de réprimer dans la facilité.
CHIRAC ? Il nous manque déjà …..
Jean louis ARAJOL