Fort heureusement, il y a encore un syndicat de policiers républicains pour soulever le débat sur le nouveau service de dénonciation en ligne mis en place en région parisienne. Soulever le débat, s'est s'opposer dans la réflexion...Mais les organisations syndicales républicaines, si il y en a au moins deux, devraient d'ailleurs aller plus loin et mettre à l'ordre du jour de leur prochain conseil d'administration ce sujet. A moins qu'ils ne considèrent leurs administrateurs que comme des guimauves bordées de corporatisme.La réflexion fait l'homme, la soumission le détruit. Mais c'est vrai qu'il est plus facile de pratiquer la génuflexion permanente plutôt que de résister. Les résistants d'hier sont ils ceux d'aujourd'hui ? Là est un autre débat !
A propos de génuflexion permanente -tout est lié- il faut savoir que la dénonciation des fautes de son prochain trouve son origine dans un précepte évangélique (Mathieu XVIII-15) repris ensuite dans les règles monastiques. Ainsi, l'inquisition a puisé les flammes de sa médiocrité sur des bûchers nourris par d'ardents collaborateurs de l'ordre établi. Le Moyen Âge prend ensuite le relais avec ses "Registres aux Causes" sorte de main de courante d'aujourd'hui. Les informations collectées, sont alors, au bon vouloir du prince, instruites ou jetées au panier. C'est un élément commun de notre histoire : ce qui est légal est ce qui émane de l'état, ce qui est illégal est ce qui est contre l'état. La dénonciation, dès lors qu'elle est " légale" , serait donc , pour les bons apôtres -ou les judas - une bonne chose. Ce qui explique sans doute que généralisée, systématisée, banalisée, la dénociation institutionnalisée a finalement compromis durablement le projet d'une "République une et Indivisible". Ce qui explique sans doute que la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale était on ne peut plus horriblement "légitime" parce que "légale" pour les Vichyssois.Mais au delà de toutes ces considérations historiques, j'invite les syndicats de policiers , après avoir puisé dans leur mémoire collective, à inclure dans leurs débats, pour celles ou ceux qui choisiront la réflexion, des données plus rationelles et professionnelles.
En dehors de son caractère surprenant sur le plan de l'éthique, l'initiative consistant à faire appel à la dénonciation des infractions, crimes ou délits par courrier "l" présente à mon sens quelques difficultés d'application.
D'abord, quelle sera la responsabilité du fonctionnaire de police - une nouvelle fois bouc émissaire- qui sera mis en cause sur un mauvais traitement de l'information ? Comment trier et sous quels critères objectifs les bonnes informations des mauvaises ?
Les internautes potentiellement dénonciateurs ont ils été -ou seront ils- informés de la législation actuelle qui indique clairement que la dénonciation calomnieuse est répréhensible par notre Code Pénal (art 226-10) et passible de 5 ans d'emprisonnement et de 45 000 Euros d'amende ? Savent ils -ou sauront-ils- que le simple fait d'avoir déclenché d'inutiles recherches par des allégations mensongères est un délit punissable de 6 mois d'emprisonnement et 7500 Euros d'amende?
En FRANCE, il n'y a aucune obligation juridique à dénoncer un crime ou un délit. Par contre tout citoyen est dans l'obligation d'empêcher (si celà est possible) le crime ou le délit, d'en limiter les effets, ou encore d'empêcher qu'il se renouvelle. Si ces obligations ne sont pas respectées, le citoyen encourt une peine de 3 ans d'emprisonnement.
Enfin, un mail est il réellement anonyme??? Rires....
Conclusion : Ce genre d'initiative devrait impérativement être soumis avant application à la parité syndicale (sauf à ce que les syndicats ne soient plus affranchis et aient reniés leurs principes fondateurs) Faute de mieux, les syndicats dits "républicains" doivent imposer à l' Autorité un Bilan d'étape en Comité Technique Paritaire Central sur le fonctionnement de cette nouvelle arme "de notre temps" ...avant que l'on soit contraint d'assimiler le sprirituel meurtrier et dramatique d'hier au virtuel démoniaque d'aujourd'hui !
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